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HAITINUMERIQUE2030: Le premier Hackathon du Cap-Haïtien, un succès

 

La semaine écoulée, le HACARABTECH ou Haitian Caribbean Technology Council atterrit dans la métropole du Nord pour entreprendre une série d’activités technologiques visant à inspirer et à encourager les gens du Nord sur l’exploitation des Technologies de l’information et de la communication, TIC. L’organisation fait appel à des experts en la matière pour l’aider à faire bonne impression. Konekte Ayiti, une ONG, fraichement moulée avec la mission de propulser la technologie aux niveaux primaire et secondaire, délègue quatre de ses membres qui émerveillent les enfants avec leurs tablettes et leurs petits robots. Plusieurs institutions de la ville sont ciblées, notamment l’Alliance française, l’École professionnelle du Cap-Haïtien (EPCH), et le collège Notre Dame qui ouvrent leurs portes pour permettre aux enfants et étudiants de se tremper dans un bain aromatique et revigorant de technologie. D’éminentes personnalités de la ville font le déplacement pour le coup d’envoi au restaurant Lakay, le mercredi 25 avril. Le jeudi 26, le député de Pétion-Ville, Jerry Tardieu honore la réunion à l’Alliance française de sa présence et enthousiasme une salle pleine à craquer.

Connaissant mon expérience dans l’organisation de ces rencontres dans le monde, le HACARABTECH me met en charge du premier Hackathon du Cap. Un Hackathon est un marathon de développement de logiciels. Dans un Hackathon, les hackeurs ou développeurs sont rassemblés et on leur donne une, deux ou trois journées pour créer des applications qui résolvent des problèmes à partir d’une thématique sélectionnée, en utilisant une plate-forme informatique donnée . Mon document de conception est fin prêt depuis 2 mois, il est maintenant une question d’exécution.

À la sortie de l’Alliance française, à la mi-journée, le point de ralliement est à l’auditorium de l’EPCH avec les étudiants des diverses universités du Cap et de Limonade, une soixantaine d’inscrits repartis en équipes de sept ou huit sous une désignation choisie par les membres. Je leur explique les modalités de la compétition : chaque équipe devra créer un logiciel qui résout un problème lié à son environnement, qu’elle démontrera en présence d’un jury samedi et le logiciel avec la meilleure note remportera la joute. Pour assaisonner les choses et mettre les étudiants dans le bain, j’ajoute un condiment d’extra, une mini-compétition individuelle : développer rapidement un petit logiciel qui détermine l’ordre de présentation des équipes selon une méthode que le développeur choisit lui-même. Mon intention non avouée et non avouable est de trouver un étudiant qui va utiliser la capacité de la plate-forme de développement de tirer des chiffres au hasard, une sorte de loterie qui détermine l’ordre des huit équipes. Beaucoup d’étudiants font un tri alphabétique, d’autres tout simplement affichent les noms des équipes comme présentés à eux. Mais Steven Jorghi Joseph de l’équipe The G33ks, étudiant de l’université Roi Henri Christophe (URHC) de Limonade, fait un tri au hasard. Euréka ! Par contre Ange Stephano Lambert de l’équipe Educatech, étudiant de l’université Anténor Firmin, lui, il me refile un beau petit logiciel avec une interface graphique et une belle image comme toile de fond. Un artiste, ce type ! Je suis forcé donc de choisir deux gagnants au lieu d’un seul. Cela nous permettra de joindre l’utile à l’agréable. Mais Steven avait oublié qu’en tirant des chiffres au hasard, on peut tirer deux chiffres identiques et qu’il faut, en l’occurrence, tirer un autre chiffre et si nécessaire répéter le tirage jusqu’à ce qu’on tire huit chiffres uniques de un à huit. Pas de problèmes, je prends les deux logiciels et vais ajouter la logique nécessaire à celui de Steven et les combiner pour qu’on ait un système qui choisit aléatoirement l’ordre de présentation du samedi. Je leur donnerai $100 dollars U.S. chacun comme prix pour ces petits logiciels d’une heure à la cérémonie de clôture.

La compétition est bel et bien entamée. Les équipes se concertent pour choisir le problème qu’elles vont résoudre et viennent de recevoir mon approbation comme mentor et solliciter conseils et suggestions. Le lendemain, j’aurai l’assistance d’un autre mentor : Rémy Certil, un excellent développeur de la ville de Saint-Marc, le PDG de Kakat Games, une entreprise de création de jeux vidéo, et qui lui aussi avait gagné plusieurs Hackathons à Port-au-Prince. Il viendra de la capitale après avoir participé à une séance de formation pour les startups organisée par Google en collaboration avec le groupe Banj.

Vendredi, c’est le jour de l’introduction au langage de programmation Python. C’est un des langages les plus populaires du monde. Selon le TIOBE Index où sont rangés les langages de programmation selon le nombre d’utilisateurs, Python et en quatrième position après seulement Java, C, et C++. Mais le sondage du magazine Spectrum de la prestigieuse organisation Institute for Electrical and Electronics Engineers (IEEE), qui examine les recherches en ligne dans divers sites, présente Python comme le langage de programmation le plus populaire du monde pour l’année 2017. C’est un langage puissant qui est utilisé pour des solutions importantes dans l’analyse des données, la construction des sites web, les applications d’Intelligence artificielle et d’autres utilitaires d’envergure. Comme langage d’introduction à la programmation, Python offre un avantage considérable sur C et C++ qui sont utilisés au nouveau secondaire en Haïti. Il est nettement plus facile à maitriser et on développe des applications plus rapidement avec lui.

J’ai devant moi plus de cent étudiants qui prennent des notes et photographient l’écran de projection. Certains participants au Hackathon sont présents, mais d’autres préfèrent se concentrer sur le développement de leurs applications et utilisent d’autres salles de classe de l’EPCH pour coder. Les participants reçoivent tous sur leurs jump drives une copie de Python qu’ils installent immédiatement sur leurs ordinateurs et un manuel en français en format PDF accompagné d’un fascicule PDF en créole d’un livre que je prépare sur Python. Bientôt, ils commencent à écrire des petits logiciels selon les instructions qu’ils reçoivent. Ils sont enchantés. Python est dans le Nord. Il faut faire attention, des logiciels importants vont bientôt voir le jour.

Mais samedi est déjà sur nous. Évaluation à l’EPCH. Quatre des huit équipes désistent. Pression trop intense. Mais nous avons quatre applications prêtes. Certains étudiants avaient passé la nuit à coder. Leurs yeux rougis le disent. Le petit logiciel combiné de ceux créés par Steven et Stephano fait le tirage qui est projeté sur l’écran. Educatech, Greek, The G33ks et Scorpion sont tirés au hasard. Rémy et moi constituons le panel d’évaluation et nous avons un tableur Excel qui saisit nos notes selon les critères suivants : force technique, utilité globale, utilité locale, originalité, présentation, et impression personnelle de l’évaluateur. Educatech présente une solution pour la gestion de l’électricité. The G33ks offre Dòk Pa m, une application qui fait des diagnostics en ligne et qui réfère des médecins si nécessaire. Greek présente aussi une solution de gestion de l’électricité, EDH ou Aider Haïti, et Scorpion offre Taxi rapide, une solution de gestion de taxis et des clients. Sur huit cents points, les trois meilleures applications reçoivent respectivement cinq cent quarante-cinq (545), cinq cent quarante (540), et cinq cent trente (530). Une lutte corsée. Mais l’équipe composée en majorité d’étudiants finissants à l’URHC a le dessus : Greek ! Cependant, de peu ils auraient été piqués par Scorpion avec cet écart minuscule de 5 points soit 0,06 % et The G33ks n’était pas trop loin d’eux non plus. Les étudiants de Greek recevront chacun une tablette très bientôt. Ils s’appellent : Ronald Val, Marc Abel Samson, Rodney Fouquet, Wanche Guerrier, Louvens Valcin, Valery Exalus, Findji Pierre et Lincol Compère.

Quatre équipes, c’est déjà 28 étudiants motivés et qui ont franchi la ligne d’arrivée du marathon. La même motivation que j’ai constatée au Nigéria, en Afrique du Sud, en Égypte, au Maroc, en Tunisie, et à Nice est présente chez eux. La soif du savoir, l’engouement, la sympathie envers les dispensateurs de connaissance, la capacité d’absorption, tout y est. Les étudiants sont les mêmes partout. Le Grand Nord peut donc beaucoup espérer des siens.

Marc-Arthur Pierre-Louis

Source:LE NATIONAL 

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