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Parmi les femmes importantes dans l’histoire des technologies, il y a Hedy Lamarr.

Les femmes dans les technologies, et dans l’informatique en particulier, c’est un problème. Je ne parle pas de leur présence, mais bien plutôt de leur absence. Une absence flagrante, historique, et qui ne diminue guère à mesure que se démocratisent les usages. Cette absence a des causes qu’il serait trop long de développer ici, mais qui ont été fort bien analysées dans les travaux d’Isabelle Collet notamment. Et donc, quand on veut signifier qu’il y a quand même eu des femmes essentielles dans l’histoire de l’informatique et des technologies, on retombe toujours les mêmes exemples : Ada Lovelace, la fille de Lord Byron qui au début du 19e a écrit le premier programme pour le proto-ordinateur imaginé par le mathématicien Charles Babbage; Grace Hopper, qui a inventé le compilateur, et aujourd’hui Marissa Mayer, de Yahoo, ou Sheryl Sandberg, numéro 2 de Facebook… Or, j’avoue honteusement avoir découvert tout à fait récemment une autre figure féminine de l’histoire technologique, figure passionnante et romanesque, Hedy Lamarr.

Les torpilles et le saut de fréquence

Hedy Lamarr est restée dans l’Histoire des technologies pour avoir inventé un système dont je vous livre la meilleure description que j’ai trouvée : ”Elle proposa en 1941 un système secret de communication applicable aux torpilles radioguidées qui permettait au système émetteur-récepteur de la torpille de changer de fréquence, rendant pratiquement impossible la détection de l’attaque sous-marine par l’ennemi. Il s’agit d’un principe de transmission (étalement de spectre par saut de fréquence) toujours utilisé pour le positionnement par satellites (GPS…), les liaisons cryptées militaires, les communications des navettes spatiales avec le sol, la téléphonie mobile ou dans la technique Wifi”. Comment donc Hedy Lamarr en est-elle arrivée là ?

Née à Vienne en 1914, d’un mère roumaine et d’un père ukrainien, tous les deux juifs, c’est en accompagnant dans son travail son premier mari, un autrichien fasciste et fabricant d’armes, que celle qui s’appelait encore Hedwig Eva Maria Kiesler se forme scientifiquement. La guerre approchant, elle quitte son mari et se retrouve aux Etats-Unis… Et c’est là, que quand la guerre commence et que les sous-marins allemands font des ravages, elle décide de travailler, d’abord seule puis avec le pianiste George Antheil, à un système de zapping radio qui permettrait aux torpilles alliées de ne pas être détectées. C’est pour cela, donc, et les usages conséquents de son invention qu’elle a été distinguée beaucoup plus tard, quand le secret défense a été levé sur son invention. En soi, cela est suffisamment beau pour être raconté.

Un orgasme condamné par Pie XII

Mais, plus beau encore, Heddy Lamarr a eu une autre vie, pour laquelle elle est d’ailleurs beaucoup plus connue. Elle a été une star du cinéma. C’est d’ailleurs le cinéma qui l’amenée aux Etats-Unis. Car en 1933, un film tchèque avait fait d’elle une star : dans Extase, alors qu’elle a 18 ans, elle simule un orgasme à l’écran. Une scène qui fait scandale, provoque la condamnation du Pape Pie XII, mais lui confine une immense notoriété et attire l’attention d’Hollywood – c’est là qu’elle devient Hedy Lamarr. Elle a tourné dans quelques films avec plus ou moins de succès avant de se lancer dans la production dans les années 40.

Par ailleurs, elle était très belle, et grande séductrice. La liste des hommes avec lesquelles elle a eu des aventures est impressionnante. En sus de ses 6 mariages, je vous en donne une idée : Howard Hugues, John Kennedy, Franck Capa, Marlon Brandon, Errol Flynn, Orson Welles, Charlie Chaplin, Billy Wilder, Otto Preminger, James Stewart, Spencer Tracy, peut-être Clark Gable (mais il nie) et…. Jean-Pierre Aumont… Elle avait d’ailleurs quelques théories sur la question amoureuse et on lui attribue cette phrase : « En dessous de 35 ans, un homme a trop à apprendre, et je n’ai pas le temps de lui faire la leçon. »

Morte dans l’anonymat

Cela suffirait à la rendre follement romanesque, mais la fin de sa vie en rajoute encore une couche : ruinée par une succession d’échecs dans la production cinématographique et par sa vie dispendieuse, elle est condamnée pour vol à l’étalage et meurt dans le quasi anonymat en 2000, à l’âge de 85 ans.

J’ai bien conscience que mon propos pourrait être mal interprété. Je vous promets le portrait d’une femme importante dans l’histoire des technologies et je vous décris la vie d’une star de cinéma qui aurait pu recevoir le Prix Nobel du star fucking. Mais voilà, Hedy Lamarr fut les deux. C’est ça qui est beau. Et même, on pourrait rêver à un lien entre ses deux vies. Avoir autant d’amants et inventer un système qui permet aux torpilles de changer de fréquence radio sans être repérées pour aller dégommer des sous-marins qui ressemblent à des gros zizis, n’est-ce pas merveilleux ?

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