Innovation

12 obstacles majeurs au développement des TIC en Haïti


Selon Jean Marie Altema, Senior IT Specialist e-Governance / Cyber Security, « la contribution des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) au processus de développement social et économique est au centre de toutes les réflexions stratégiques de développement […] » toutefois, depuis des années, malgré les initiatives et les efforts tant du secteur public que du secteur privé, Haïti reste à la traine dans le secteur des technologies de l’information. Altema souligne « Il manque une véritable politique publique qui intègre tous les acteurs de l’univers numérique. L’État, le secteur privé, la société civile et l’université doivent s’impliquer dans cette transition numérique qui consiste à supprimer les tâches pénibles, simplifier les procédures et éliminer les goulots d’étranglement au sein des institutions publiques et privées […] L’adoption des TIC doit aller au-delà de simples slogans. Elle nécessite l’engagement clair des acteurs. »

Jean Marie Altema, voit 12 obstacles majeurs au développement des technologies de l’information en Haïti :

  • 1. Absence de lois adaptées et de règlements :
    La loi cadre qui régit le secteur des télécommunications date de 1977. Ce texte est dépassé et ne tient pas compte des progrès technologiques et des nouveaux services offerts aux citoyens. Aucun développement du numérique n’est possible sans un cadre légal et réglementaire adéquat, adapté à la société de l’information. Il doit poser la base d’une société numérique viable, sécurisée, inclusive et en harmonie avec l’environnement juridique régional et international.

  • 2. Énergie :
    L’électricité constitue l’un des défis majeurs au développement du numérique en Haïti. Selon les estimations de la banque mondiale, seuls 37.9% des ménages haïtiens avaient accès à l’électricité en 2014, alors que la République Dominicaine avoisine un taux de couverture de 99% et la région Amérique latine et Caraïbes, affiche une moyenne de 96%. Haïti figure parmi les pays avec le plus faible taux de couverture au monde, même si le taux de couverture dans les zones urbaines est supérieur à 50 %.

  • 3. Manque d’infrastructures :
    Le manque d’infrastructures est l’obstacle le plus flagrant au progrès social et une bonne performance économique en Haïti. Une entreprise connectée offre de meilleurs services à ses clients et fait augmenter ses revenus. Les infrastructures technologiques réduisent les facteurs temps et distance afin d’apporter des réponses rapides, en temps réel. À l’heure actuelle seulement 8,000km de fibres optiques sont déployées pour 27,700km2 de territoire en Haïti. Selon le Global Information Technology Report (2016), Haiti est classée 137e sur 139 pays… Ce qui démontrent que les infrastructures technologiques ne sont pas encore considérées en Haïti comme un véritable levier de développement économique Lire aussi :https://www.haitilibre.com/article-18610-haiti-technologie-haiti-cuba-et-le-nicaragua-le-pire-taux-de-penetration-internet.html et https://www.haitilibre.com/article-11235-haiti-technologie-internet-haut-debit-haiti-classe-dernier-amerique-latine-et-caraibes.html

  • 4. Absence d’une politique publique :
    L’un des obstacles est le choix d’intervenir sur les problèmes de manière superficielle et non structurelle. C’est-à-dire l’argument qui veut que les priorités sont les problèmes sociaux de base (éducation, santé, eau potable, nourriture, infrastructures routières etc..) auxquels font face la population. Pourtant, pour résoudre certains problèmes sociaux, les technologies de l’information peuvent jouer un rôle principal.

  • 5. Manque d’investissements :
    Les TIC sont le facteur structurant stimulant la croissance des autres secteurs. Des investissements nécessaires dans ce secteur permettront d’en saisir les opportunités. En Haïti, les investissements étrangers dans le secteur numérique sont très faibles pour une population d’environs 11 millions d’habitants. Il convient de s’assurer que l’environnement juridico-réglementaire adéquat est en place pour encourager une concurrence loyale et rassurer les investisseurs privés potentiels.

  • 6. Coût des services :
    Haïti figure parmi les pays ayant le coût d’accès au service mobile large bande le plus élevé, selon le rapport measuring the information society (2016) de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT)]. Selon les estimations, un forfait Internet de 500Mb sur téléphone mobile coûte environ 34% du Revenu National Brut par habitant, soit l’un des pourcentages les plus élevés au monde pour un forfait de base de ce type measuring the information society, 2014.

  • 7. Accès aux services :
    Les services de haut débit sont fortement concentrés à Port-au-Prince et restent très limités aux principales zones urbaines et ne sont pas de qualité optimale. Il n’existe à date, aucun plan d’aménagement numérique du territoire pour assurer le renforcement des capacités locales et le développement économique des collectivités, la disponibilité d’un service de qualité aux administrés, la réduction des inégalités par rapport à d’autres entités territoriales concurrentes.

  • 8. Absence de services en ligne :
    Selon les statistiques, environs 2 millions de personnes ont accès à un téléphone intelligent. À part certaines Ambassades, des banques, la Direction générale des impôts (DGI) qui vient de lancer une plateforme de paiement de taxes en ligne et l’Office d’Assurance Véhicules Contre Tiers (OAVCT), les institutions publiques et privées n’offrent pas de services en ligne.

  • 9. Faible pouvoir d’achat :
    Avec un produit intérieur brut de 805 dollars par habitant (2018), Haiti figure parmi les 20 pays les plus pauvres de la planète. D’après une enquête de la Banque Mondiale auprès des ménages (2012), plus de 6 millions d’haïtiens, vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 2,41 dollars par jour, et plus de 2,5 millions (24 %) sous le seuil de pauvreté extrême (1,23 dollar par jour).

  • 10. Manque d’innovation :
    L’innovation technologique suit une course vertigineuse. La formation et l’innovation constituent les moteurs de croissance et de développement de nouveaux services. Haïti ne doit pas copier des solutions avec des modèles économiques venus d’ailleurs. Les technologies doivent à apporter des solutions liées aux problèmes de la communauté.

  • 11. Absence d’une autorité de gouvernance numérique :
    Il n’existe pas une institution qui met en oeuvre la vision du gouvernement ou qui donne le ton en matière de Gouvernance Numérique (GN).

  • 12. Manque d’éducation et de culture numérique :
    Pour faire le saut vers le numérique, le développement du capital humain apte à assurer ce changement est essentiel. La culture numérique fait référence aux changements culturels produits par les développements et la diffusion des technologies numériques et en particulier d’Internet et du web. Le citoyen haïtien ne se sent pas en confiance dans l’espace virtuel, alors que le monde tourne vers la dématérialisation et la mobilité. La dématérialisation de la monnaie, des services etc…L’accès aux outils technologiques est très faible dans les foyers.

HL/ HaïtiLibre 

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