Home E-commerce À qui peut profiter l’expansion de la monnaie électronique en Haïti ?

À qui peut profiter l’expansion de la monnaie électronique en Haïti ?

Les autorités ont décidé d’octroyer 3 mille gourdes à 1.5 millions de citoyens haïtiens. Pour aider les ménages à faire face au nouveau train de vie imposée par la déclaration de l’Etat d’Urgence sur toute l’étendue du territoire national, cette aide assistance économique a été accordée. Outre les nombreuses considérations sur la méthodologie utilisée pour identifier les bénéficiaires, le choix du service de monnaie électronique offert par la Digicel a aussi suscité beaucoup de débats et pose les bases de questionnement sur l’identité des bénéficiaires d’une politique d’expansion de la monnaie électronique en Haïti.

La compagnie de téléphonie mobile, Digicel, a tiré le gros lot. Grâce à la décision de l’administration Moise-Jouthe,  d’opérer les transferts de fonds via le service Mon Cash de la Digicel, le chiffre d’affaire de la compagnie va augmenter ainsi que le nombre de ses clients. Le PDG de la Digicel a  affirmé que la compagnie ne gagnait pas un centime de ces 1.5 millions de transactions à 3 072 gourdes. Cependant, il est indéniable que sa compagnie est en train de s’imposer comme leader incontestable et incontesté dans le service de monnaie électronique via les téléphones portables. Nous vivons un nouveau tournant comparable à celui que nous avons connu quand la Digicel a racheté Voilà (ancien Comcel).

En 2011, Digicel et Voila ont chacun mis à la disposition de la population un service de monnaie électronique. Tcho-Tcho Mobile et T-Cash ont ainsi vu le jour et ont permis l’utilisation des téléphones portables comme portefeuille. Avec l’acquisition  de Voilà, la Digicel a eu le monopole du marché. Cette situation n’a pas duré trop longtemps puisque la Banque Nationale de Crédit (BNC) a lancé quelques années plus tard : Lajan Cash. Contrairement à  Mon Cash (nouveau nom de Tcho-Tcho Mobile)  Lajan Cash n’est pas limité à une compagnie de téléphonie mobile. Alors que l’Etat haïtien est l’actionnaire principal de la BNC et perçoit entre 0 et 25% des dividendes, l’équipe actuelle n’a pas préféré applique le proverbe créole « Pye bèf pou pye bèf, map pran l kay pratik ».

Le service Lajan Cash de la Banque Nationale de Crédit n’ayant pas une présence remarquée sur toute l’étendue du territoire national, on peut comprendre le choix des autorités. Toutefois,  il est de bon ton de se demander à qui profitera une expansion de la monnaie électronique en Haïti à l’exemple du M-Pesa au Kenya ? Combien de professionnel haïtiens seront embauchés, l’Etat aura-t-il la technologie pour garder le contrôle ?

Outre les options de sécurité (circulation avec moins de cash ce qui dissuadera les bandits), la monnaie électronique permet aussi de lutter contre la propagation du coronavirus grâce à une réduction de la circulation de l’argent papier d’une main à l’autre. Cependant, nous devons reconnaître qu’elle ne rapporte pas beaucoup à la nation haïtienne. À  quand une vraie politique de promotion de l’investissement haïtien?

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