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Covid19 : Vers la reconnaissance faciale pour tous ?

La Chine a manifesté sa volonté d’exporter son système et Lin Junyue souhaite cibler en particulier les dizaines de pays qui participent aux « Nouvelles Routes de la Soie » dont la France. La reconnaissance faciale y est déjà pratiquée dans les aéroports grâce au fichier TES (Titres Electroniques Sécurisés) créé en 2016 et qui regroupe les données relatives aux cartes d’identité et aux passeports, et le système PARAFE (Passage Automatique de la Frontière).

Certaines des licornes chinoises, start-up du numérique qui partent à la conquête du monde – comme Huawei, SenseTime, Ikvision, ou Megvii – promeuvent les technologies de reconnaissance faciale et les systèmes de surveillance. En 2017, Huawei a offert à la ville de Valencienne 217 caméras de vidéosurveillance dans le cadre de l’expérimentation du projet Safe City.

Les villes de Marseille et de Nice expérimentent également la technologie de reconnaissance faciale, avec les conseils d’experts chinois, pour sécuriser ses rues. Pour certains experts, la France pratique déjà le crédit social sous différentes formes, avec tous les systèmes de notation en ligne, la course aux likes et aux vues, ainsi que le scoring bancaire.

Le marché mondial de la cybersurveillance, et en particulier de la reconnaissance faciale, représente des dizaines de milliards d’euros potentiels dans les prochaines années. La concurrence s’organise afin de proposer les services les plus compétitifs de sécurisation des espaces publics et de contrôle d’accès comme dans les aéroports, mais aussi dans les écoles, les hôpitaux et les banques.

La modélisation du visage devient la nouvelle empreinte digitale, mais pas seulement : la démarche et la silhouette sont elles aussi individualisées. Les caméras peuvent reconnaître quelqu’un même vu d’un drone à plusieurs centaines de mètres d’altitude. Elles peuvent interpréter les comportements et les émotions. Certaines entreprises vont jusqu’à suggérer que leur technologie de surveillance doté d’une intelligence artificielle est capable de détecter les individus suspects et de les empêcher de commettre des crimes.

En pleine crise du Covid-19, alors que la population était confinée, la révélation d’une commande de 651 drones de surveillance faite par le Ministère de l’Intérieur français le 12 avril a créé la polémique. Capables de filmer à des centaines de mètres, de zoomer, d’envoyer des images à plusieurs kilomètres, et équipés de caméras thermiques, ces drones représentent un investissement de 3,8 millions d’euros. Si les gouvernements et les collectivités territoriales et les entreprises investissent massivement dans la reconnaissance faciale, des laboratoires de recherche dénoncent les erreurs souvent commises par ces technologies, en particulier sur les minorités. C’est le cas d’Amazon Rekognition et d’Apple Face ID qui associent des photos à d’autres personnes ou qui ne reconnaissent pas une personne qui est pourtant authentifiée dans la base de données.

Les autorités de certains pays semblent décidées à utiliser la peur pour inciter leur population à renoncer à certains de leurs droits fondamentaux. Que ce soit la peur du virus ou la peur des criminels, susciter l’angoisse et la culpabilité semble être un moyen efficace de faire tomber les dernières résistances. Des situations exceptionnelles, destinées à faire face à des périodes de crise, deviennent des situations permanentes comme le Patriot Act aux Etats-Unis qui dure depuis 18 ans alors qu’il devait s’arrêter au bout de 4. Si le FBI peut déjà identifier 50% des américains grâce à une simple photo, même de mauvaise qualité, la ville de San Francisco a banni la reconnaissance faciale, ce qui peut paraître paradoxal pour la capitale de la Silicon Valley. Cet exemple inspire d’autres villes américaines et dans d’autres pays qui envisagent de faire la même chose. Le totalitarisme numérique n’est donc pas nécessairement le seul horizon qui s’offre à l’humanité.

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