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Haitiz : pour la sauvegarde du patrimoine musical haïtien!

La musique occupe une place de choix au sein du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) de l’humanité tel que le répertorie l’UNESCO depuis sa Convention de sauvegarde de 2003. Plus largement, au-delà des Nations-Unies, le « patrimoine immatériel » semble être devenu le paradigme dominant dans les actions de patrimonialisation et de valorisation des pratiques musicales à l’échelle internationale. Devant l’ampleur de ce phénomène, il s’agit d’engager une approche transnationale et comparative des rapports entre musique et « patrimoine immatériel ». 

De tous temps la création musicale s’est trouvée dans une situation de dualité entre dimension individuelle du créateur et dimension sociale de son audience. Dès l’origine, les structures sociales s’organisent selon le principe que les talents musicaux sont distribués de manière inégale et que la musique a une fonction sociale, éventuellement spirituelle, mais n’est pas production de biens de subsistance. Il appartient alors à la société de prendre en charge ceux qu’elle reconnaît comme musiciens. La question de la rémunération des artistes est donc posée, dès lors que leur art est socialement entériné. Le deuxième aspect fondamental est celui de la diffusion de
l’œuvre, la constitution d’une audience. L’œuvre musicale atteint son objectif, sa raison d’être à partir du moment où elle rencontre son public. Elle acquiert une valeur sociale sous cette condition et sous cette condition seulement.

Avec l’arrivée des technologies d’enregistrement et de radiodiffusion, l’industrie musicale qui en est née a privilégié le star système et normalisé les préférences au nom des économies d’échelle en faisant l’amalgame entre valeur sociale et valeur marchande des œuvres.La numérisation et le développement d’Internet ont récemment posé les
limites d’un tel modèle, dès lors que la circulation des œuvres ne serait plus entravée par des barrières économiques.Le nouveau monde de la création musicale en train d’émerger pourrait s’apparenter davantage à un bien commun, dont les Creative Commons pourraient constituer le support juridique dans une nouvelle façon de gérer le droit d’auteur comme faisceau de droits.

Haitiz intervient dans la préservation du patrimoine culturel haïtien, particulièrement la musique. Grace à son site et son application disponible sur APP Store et Play Store le public haïtien a accès à un riche catalogue où les œuvres contemporaines et celles des générations qui nous précédés cohabitent. Depuis trois ans, Haitiz assure la garantie de la transmission de l’héritage culturel aux générations futures.

La grandeur d’un peuple, dit-on, se mesure à sa capacité à préserver de l’usure du temps le patrimoine légué par ses ancêtres. Le patrimoine culturel, qu’il soit matériel ou immatériel, mérite d’être préservé. Malheureusement, trop souvent, certains pensent plus à protéger les paysages construits, les objets d’art et mobilier au détriment des chants, des jeux, des captations de techniques, des documents écrits, des contes et des légendes. Le journaliste Jean Venel Casseus et l’ingénieur Kerbson Louis ne se trouvent pas dans cette catégorie.  Conscients des bienfaits de la préservation de la musique haïtienne et désireux de rendre le patrimoine musical plus accessible, en 2017, ils ont créé Haitiz une archive visant à garder vivants dans la mémoire collective les œuvres musicales, les groupes et les artistes.

Jean Venel Casséus, initiateur d’Haitiz est revenu sur sa genèse. « Suite au constat de l’inexistence dans le pays d’un espace aménagé pour conserver les œuvres musicales haïtiennes, encourager la recherche portant sur la musique haïtienne et faciliter à la nouvelle génération la prise de connaissance des œuvres des ainés. Pour combler une partie de ce vide, nous avons recouru aux nouvelles  technologies pour créer ce que nous appelons aujourd’hui la plus grande base de données MP3 de musiques haïtiennes sur internet » témoigne-t-il.

« Haitiz offre diverses catégories de musique. De plus, on y trouve d’autres contenus sonores comme les œuvres théatrales, la poésie et des blagues. Le catalogue d’Haitiz est mis à jour chaque année. Pour qu’un artiste ou un groupe intègre le catalogue il doit avoir au moins 6 chansons dans son fichier » nous a confié le président Casséus.

Actuellement Haitiz a plus de 100 milles abonnées qui disposent d’un compte sur le site. Selon les statistiques à chaque minute, il y a en moyenne 25 visiteurs en ligne. Pourtant, les résultats auraient pu être meilleurs. « Notre plus grand handicap durant les trois dernières années est  la question du droit d’auteur. C’est elle qui nous empêche de développer notre plan marketing, elle se pose comme barricade à l’émergence d’entreprises comme la nôtre. Le 16 mars 2017, nous avons signé un accord avec le Bureau Haïtien du Droit d’Auteur (BHDA). Nous nous sommes mis d’accord sur le principe de remettre au BHDA une part de l’argent gagné et il aura la charge de distribuer la somme aux groupes et artistes. Cet accord n’a pu donner les résultats escomptés car tous les artistes que nous avons contactés pour nous accompagner dans la promotion du projet, ils ont tous refusé. Ils ont déclaré que le projet se fera sans eux puisque le BHDA est impliqué. Parmi ces artistes figurent   Ritchi, Gazman, Richard Cavé, Roberto Martino… » dévoile Monsieur les fondateurs de Haitiz.

Le journaliste Jean Venel Casseus et l’ingénieur Kerbson Louis ne se sont pas avoués vaincus. Ils travaillent actuellement sur une redéfinition de leur stratégie. Ils comptent rendre la plateforme plus attirante avec plus de fonctionnalités et trouver le moyen de rassurer les artistes et les groupes en vue d’obtenir leur intégration au projet.

Quel patrimoine musical à l’heure du streaming ?

Comment conserver la musique à l’heure du streaming et du téléchargement ?

Comment donner accès de façon pérenne à ce qui sera le patrimoine musical de demain ?

Espérons en somme que les questions réunis ici ouvriront la voie à de nouveaux travaux, projets et discussions critiques autour de ces questions aujourd’hui cruciales dans le champ musical.

WWW.HAITIZ.COM ET TELECHARGEZ L’APPLICATION “HAITIZ”

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