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La révolution numérique est une révolution politique

 

Partout dans le monde, des associatifs, des fonctionnaires, des chercheurs, des entrepreneurs, des créateurs, sont prêts à relever ce défi. Cinq mille d’entre eux se sont réunis pour trois jours à Paris, pour le Sommet mondial de l’Open Government Partnership (OGP), partenariat présidé par la France pour un an. Cent trente-cinq pays y étaient représentés et ont partagé les résultats de leurs efforts pour développer des solutions concrètes aux problèmes d’éducation, de santé, de lutte contre la corruption, de défense des droits des femmes, de protection de l’environnement…

Ils sont représentés par une société civile d’une vitalité impressionnante, par des administrations qui innovent et développent de nouveaux outils de simplification, de concertation, d’engagement citoyen ou encore par des chercheurs et des personnalités de tous ordres.

Il est difficile de partager, en quelques lignes, la diversité de ces expériences et l’impact de leurs résultats. Mais la direction est claire : se dessinent à la fois la recherche d’une conduite plus collective des affaires publiques, l’émergence d’un espace du commun, ni privé ni public, coconstruit et géré avec ses bénéficiaires, la recherche de solidarités locales efficientes. Se dessine la révolution numérique de la démocratie, qui ne vient pas des seules technologies, mais outille le désir d’engagement de millions de citoyens de par le monde…

La démocratie en jeu

L’aboutissement de ces initiatives est encore incertain ? Il en allait de même, dans les cafés au temps des Lumières, quand les Français dissertaient sur Montesquieu, Voltaire et Rousseau. Il en allait de même, dans les années 1970, quand naissaient la conscience écologique et la question du développement durable… Ces mobilisations et ces technologies n’ont pas encore réussi à réconcilier les peuples et leurs dirigeants ? Il a fallu des siècles pour instaurer durablement, dans la société et dans ses institutions, le suffrage universel et ses rites.

L’essentiel est d’entrer dans ce chemin, de le faire dans un esprit fraternel, avec la volonté de tirer parti de ces expériences, de ces outils partagés et en veillant à renforcer l’égalité des chances dans la participation.

C’est sans doute la démocratie même qui est en jeu. Car notre histoire n’est pas écrite. La révolution numérique, qui concentre et répartit du pouvoir, engendre fatalement une révolution politique. Il nous appartient encore de concéder ce pouvoir à quelques monopoles, d’armer un groupe de plus en plus restreint de superdécideurs, de confier notre destin aux algorithmes des experts, ou, au contraire, de soutenir le désir de contribution du plus grand nombre, de conforter sa capacité d’agir et de maîtriser collectivement notre destin..

Laure Lucchesi et Henri Verdier, porte-parole du Sommet mondial de l'Open Government Partnership (OGP).

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