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Le Rwanda s’investit de plus en plus dans le numérique, un modèle pouvant inspirer Haiti.

Cela ne suffit cependant pas, car un leader doit avoir une vision au service d’un projet. Celui du Rwanda semble s’articuler sur plusieurs éléments.

Premièrement, une volonté de moderniser le pays et l’acceptation d’appliquer rigoureusement les modèles de modernisation des institutions financières internationales. Kigali, la capitale rwandaise, ressemble de moins en moins à une ville subsaharienne, suite à une fonctionnalisation moderne de l’espace, de l’habitat et des comportements calqués sur l’urbanisme et les civilités modernes. La modernisation du secteur agricole par spécialisation culturale, remembrement des terres paysannes et regroupement des paysans en coopératives par le biais d’un renouveau de la révolution verte, est un autre marqueur de cette volonté de moderniser le Rwanda.

Deuxièmement, la promotion, en l’absence d’une révolution industrielle africaine, d’une économie de services haut de gamme comme le tourisme, l’informatique et la sous-traitance automobile, comme en témoigne la récente joint-venture avec Volkswagen.

Au regard du génocide que ce pays a connu et de la relance spectaculaire de son économie, certains économistes le qualifient de « miracle africain « . Pour se hisser au rang des pays les mieux classés en Afrique dans le domaine des TIC (l’Île Maurice, l’Afrique du Sud, le Botswana et la Tunisie), ce pays a mis en œuvre des stratégies efficaces et pouvant inspirer un État comme le Burkina Faso qui s’investit de plus en plus dans le numérique. Le cas rwandais nous donne de retenir quelques leçons pour notre pays.

Un engagement ferme du gouvernement

« En tant que pays enclavé, qui n’a pas beaucoup de ressources naturelles, nous pensons que les nouvelles technologies peuvent devenir l’un des moteurs de notre économie », a affirmé le ministre rwandais de l’Économie, Claver Gatété, lors d’une conférence de presse à Kigali. Le développement numérique a suivi trois plans exécutés sur quinze (15) ans à compter de l’année 2000 avec des objectifs clairs:

2000-2005 : créer un environnement favorable aux initiatives dans les TIC.

2006-2010 : mettre en place l’infrastructure de base des TIC, un réseau de fibre optique en particulier

2011- 2015 : introduire des services exploitant ces nouvelles technologies pour qu’ainsi, le le Rwanda puisse distancer ses concurrents régionaux.

Grâce à cette fermeté de l’engagement, aujourd’hui au Rwanda plus de 208 écoles publiques ont été équipées en ressources informatiques et des milliers de téléphones portables distribués aux populations rurales dans le but de résorber le problème de l’accessibilité aux services offerts par les mobiles.

Au Rwanda, plusieurs applications existent dans la santé, l’emploi et l’agriculture (qui occupe la majorité de la population comme au Burkina). « TRACNET », un système d’information géré par le Centre de traitement et de recherche pour le Sida, recueille et traite les informations concernant les patients et la distribution de médicaments contre le VIH/sida. Le programme « e-Soko » (c’est-à-dire « e-marché ») accessible par SMS permet aux agriculteurs de s’informer sur le cours des produits agricoles qu’ils cultivent

Troisièmement, une dimension écologique liée à l’interdiction drastique de toute production et importation de sacs en polyéthylène (plastique) depuis 2004 et à la sauvegarde des gorilles, principales ressources touristiques du pays.

Quatrièmement, la promotion du capital humain diasporique, en chassant et en recrutant des têtes rwandaises et africaines bien faites en Occident et en promouvant l’émancipation de la femme rwandaise par son intégration au pouvoir décisionnel. Les femmes détiennent 40 % des portefeuilles ministériels et représentent plus de 60 % des députés en 2019. Cette réforme qui corrige des inégalités de genre est une innovation qui compte en matière de développement, dans une Afrique où les femmes sont très souvent invisibles des lieux de décision politique, alors que leur apport est inestimable dans tous les domaines de la vie quotidienne.

Le basculement de l’expression officielle du pays en anglais, langue de l’économie mondialisée, est aussi une innovation dans ce modèle rwandais. L’anglais est censé assurer à moyen et long termes la réduction des coûts de communication, de transactions, de diffusion des savoirs technologiques et de contractualisation

HB

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