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Haiti : L’électricité un préalable à la vulgarisation des TIC (s) et au développement de la société .

Haïti était le premier pays de la zone Caraïbe à être électrifié en 1912

En Haïti les principales sources d’énergies en usage sont celles qui ont toujours été utilisées par les hommes depuis l’établissement des sociétés humaines. Il s’agit du bois de feu, des énergies humaines et animales en particulier, ainsi que des sources énergétiques naturelles telles l’énergie solaire et éolienne en général. La proportion des énergies dites modernes utilisée, pétrole et électricité, est très faible par rapport aux sources d’énergies traditionnelles et participent très peu à la mise en place des infrastructures sociales et économiques nécessaires à impulser le développement. La société haïtienne n’a donc pas montré une habilité à maîtriser l’énergie en fonction des besoins de développement manifestés à travers les périodes de son histoire. 

La première génératrice a été introduite en Haiti à Jacmel en 1895, elle pouvait fournir 1270 kW de puissance. Ce n’est qu’en 1910 sous la présidence d ‘Antoine Simon que la ville de Port-au-Prince a commencé à jouir des bienfaits de l’électricité. L’activité de production d’énergie électrique a été assurée par des compagnies privées jusqu’à sa prise en charge par l’Etat Haïtien lors de la mise en service de la centrale hydro-électrique de Péligre en 1971 et la création de l’organisme autonome dénommé Electricité d’Haïti. 

L’électricité est générée à partir de deux sources principales, les usines hydroélectriques et les usines thermiques. En 1995, les capacités installées de ces usines totalisent respectivement 54.8 et159.0 MW. On retrouve dans les provinces 14.2% de la capacité hydroélectrique et 22.55% de la capacité thermique installée. Ces proportions sont encore plus marquées au niveau de la génération électrique où seulement 10 à 15% de l’électricité produite est distribuée en province. La capacité installée électrique permet de générer jusqu’à 560 GWH d’électricité au cours d’une année ce qui équivaut à une consommation annuelle per capita de 80 kWh soit seulement 15% de celle de la République Dominicaine pour l’année 1994. 

Au cours des années 1970 les ventes d’électricité ont augmenté à un rythme de 16.1% par année tandis qu’au cours de la décennie 1980 elles n’ont été que de 5.25% par année. La croissance de la demande d’électricité a suivi celle du PIB mais à un taux plus élevé. Entre 1972 et 1989 la consommation d’électricité per capita est passée de 12 KWH à 54 KWH soit une croissance de 8.7% par année. Le taux d’électrification est passé de 3% à 10% pour la même période, parallèlement, le nombre d’abonnés est passé de 24 mille à 112 mille. Malgré ces efforts les paramètres du secteur électrique haïtien sont parmi les plus bas de la région Caraíbe. 

A partir de 1989, la production et la vente d’électricité sont entrées dans une période décroissante due au déclin des activités économiques, au niveau très élevé des pertes non techniques et à l’absence d’entretien des équipements de production ainsi qu’à l’absence d’investissements pour l’agrandissement du parc d’équipements. 

L’énergie électrique est générée par une capacité installée qui est passée de 43.0 MW en 1971 à 242.1 MW en 1995 soit une croissance de 5.6 fois. Sa composition est passée de 72% hydro et 28% thermique en 1971 à 27.55% hydro et 72.5% thermique en 1995. L’électricité générée est répartie entre les cinq (5) principaux secteurs selon des proportions qui varient avec les années.

A cause du déclin des activités industrielles au cours des années 80 le secteur résidences et services devient au cours des années 90 le plus gros consommateur de l’électricité produite avec 47.5% du total, tandis que la consommation du secteur industriel continue à diminuer après un maximum de 51% atteint au cours de l’année 1980. 

Les performances d’exploitation du secteur électrique sont pauvres. Elles se manifestent par le niveu élevé des pertes qui ont atteint jusqu’à 57% en 1995 (tableau VII et VIII), la faible productivité par employé, le cumul des déficits financiers et le tarif élevé appliqué aux consommateurs. 

L’Electricité d’Haïti dépend largement de l’aide étrangère pour les investissements à consentir dans l’acquisition des équipements et dans la formation du personnel technique. Ce qui range le secteur électrique parmi les secteurs principaux consommateurs de l’aide publique au développement en Haïti. Le secteur électrique éetait responsable en 1987 de 18% de la dette totale du pays envers les bailleurs de fonds internationaux. 

L’électricité est disponible sur moins d’un quart du territoire d’Haïti. Ceci est un obstacle au développement économique et social.

Le marché de l’électricité en Haïti comprend cinq zones isolées. En dehors de Port-au-Prince, celles-ci sont alimentées par de petits générateurs. La production d’électricité dans les grandes villes est en grande partie assurée par des producteurs indépendants, qui jouissent d’un monopole sans concurrence.

Au début des années 1990, la Jamaïque, la République dominicaine et Haïti ont tous décidé de créer des réseaux nationaux d’électricité. La Jamaïque et la République dominicaine ont réussi, mais Haïti a échoué en raison de sa crise politique et économique, du faible soutien des bailleurs de fonds, et du manque d’intérêt consécutif des donateurs internationaux qui préfèrent financer des projets d’électrification de faible importance, hors réseau ou en micro-réseaux.

Aujourd’hui, les obstacles les plus importants au développement du secteur de l’électricité en Haïti sont la faiblesse des institutions, des systèmes et la pauvreté. Beaucoup de gens utilisent l’électricité sans payer, ce qui affecte gravement les revenus d’EDH et la rend incapable de financer l’amélioration des infrastructures.

En termes de consommation énergétique, le numérique mobilise entre 3 et 4 % de toute la consommation de la planète. Si l’on se limite à l’électricité, il représenterait, selon les études, entre 6 et 10 % de la consommation électrique mondiale.

L’accès généralisé à l’énergie électrique est une condition importante pour le développement d’un pays. Pourtant en Haiti de nombreuses zones du pays n’ont pas accès à cette énergie. Dans ce sens, l’on peut parler de fracture électrique au même titre que l’on parle plus couramment de fracture numérique pour désigner l’inégal accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Face à cette situation, une politique énergétique équitable doit remplir deux objectifs : garantir aux citoyens l’accès le plus large possible à l’électricité et améliorer l’indice de développement des TIC. L’électricité constitue donc un préalable à la vulgarisation des TIC et au développement de la société .

En effet, à une époque où de nombreuses pratiques économiques et sociales sont profondément affectées par l’électronique, le numérique et le multimédia, les difficultés d’accès à l’électricité sont de nature à élargir la fracture numérique, à ralentir l’expansion de la société de l’information et par ricochet à freiner le développement socioéconomique du pays. Dans ces conditions, travailler à réduire la fracture électrique en Haiti n’est pas seulement une manière de diminuer la précarité que connaissent les populations des zones rurales et des quartiers déshérités des grandes villes en leur offrant un meilleur confort de vie. C’est aussi une solution indirecte à la réduction de la fracture numérique. 

Il ne suffit pas de faire de grandes choses, il suffit de les avoir tentées “Baron de Coubertin”.Disons mieux ,il faut les réaliser.

@hbeaucejour

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