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Les réseaux sociaux, amis des journalistes ?

D’après une étude de Cision France, 91% des journalistes utilisent les réseaux sociaux dans le cadre de leur travail. Et 54% déclarent même ne plus pouvoir s’en passer pour exercer leur métier. Les réseaux sociaux ne sont donc pas une simple mode, mais un outil de travail à part entière dans le métier de journaliste.

Cependant, on ne peut pas généraliser l’utilisation des réseaux sociaux par les journalistes. En effet, les journalistes traitant du domaine du marketing, du high tech ainsi que les journalistes des domaines mode et lifestyle sont beaucoup plus présents sur les réseaux sociaux que les journalistes du domaine de l’industrie. Les journalistes travaillant pour la presse quotidienne, la télévision et la radio, qui sont des journalistes très consommateurs d’informations sont sans surprise très présents sur les réseaux sociaux également.

Ils ont aussi leurs réseaux sociaux favoris : Twitter Facebook et LinkedIn. Twitter, sur lequel ils s’informent et suivent des confrères journalistes, des experts et des blogs. Facebook, pour principalement rester en contact avec leurs amis et leur famille mais également pour suivre l’actualité de leurs confrères journalistes et des blogs. Et enfin, LinkedIn, sur lequel les journalistes construisent un réseau professionnel en rentrant en relation avec des porte-paroles d’entreprise, des experts et des sociétés. Mais on remarque dans l’étude que de plus en plus de journalistes utilisent des réseaux sociaux plus visuels, comme Pinterest et Instagram, notamment les journalistes mode, lifestyle…

Les journalistes utilisent donc les réseaux sociaux dans leur activité professionnelle, mais comment ? Pourquoi sont-ils sur les réseaux sociaux ? 64% d’entre eux déclarent utiliser les réseaux sociaux pour relayer leurs propres articles, et 47% pour développer leur personal branding. Des chiffres qui ne sont pas étonnants quand on sait que certains journalistes sont payés selon le nombre de vues que génèrent leurs articles. Quand la mode était aux pseudonymes, elle est aujourd’hui à la promotion du nom du journaliste, plus que du nom du media pour lequel il travaille.

De plus, la demande de l’information a changé. Le public ne cherche plus du journalisme d’investigation, de longs articles, mais des articles snackable  (consommés rapidement et facilement partageables sur les réseaux sociaux), de l’information brute, des brèves, des faits divers, des informations avant tout le monde. Les journalistes ont dû s’adapter à cette nouvelle demande. Linda Be Diaf, journaliste, consultante en marketing digital et professeur à Sciences Po Marseille, décrypte dans son livre Journalistes 2.0, les changements notables dans le métier de journaliste. Elle explique, entre autres, cette tendance à délaisser le slow journalism ou journalisme d’investigation au profit du scoop, et que certains journalistes sont rémunérés à partir du nombre de vues sur un article. Pour répondre aux demandes des lecteurs, les journalistes se retrouvent donc à écrire de plus en plus d’articles dans un temps toujours plus restreint et sont en constante chasse à l’information. De ce fait, tout comme les lecteurs, ils utilisent les réseaux sociaux pour élaborer une veille sur leur sujet de prédilection, pour rester informés de l’actualité de leur secteur (à 55%).

Les réseaux sociaux peuvent être considérés comme concurrents des medias d’informations, car ils sont plus consultés par les internautes, et que Facebook lance même son propre media d’informations. Mais les réseaux sociaux sont surtout un excellent outil pour promouvoir des articles, ce qui en fait un ami des journalistes et des medias d’informations.

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