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Les réseaux sociaux sont une arme à double tranchant : le cas du Premier ministre nommé

Aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux, les informations se propagent à la vitesse de la lumière. Il ne fait aucun doute que les médias sociaux ont joué un rôle très important en permettant à des populations de se rassembler pour sortir sous la férule de la dictature dans beaucoup de pays. Facebook, Twitter et autres réseaux du Net ont joué un rôle considérable dans les pays arabes. Cependant, il suffit aujourd’hui l’espace d’un cillement pour assassiner le caractère de n’importe qui, pourvu qu’on ne soit pas d’accord avec la personne. Malheureusement.

Ce qui se fait présentement contre le Premier ministre nommé, Monsieur Fritz William Michel, témoigne de la dimension de la toxicité des réseaux sociaux. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est le fait que ces tweets sont partagés par des gens qu’on n’aurait jamais imaginés. On se demande pourquoi ces tweets sont partagés par des chefs de cabinet des ministres qui ne sont pas reconduits, pourquoi ils sont partagés en boucle par des partisans des potentiels Premiers ministres non choisis par le président. La réponse, c’est que les enjeux sont de taille. Sinon, le bon sens exigerait de ces détracteurs de questionner ces informations les unes plus inconsistantes que les autres.

Par exemple, l’un de ces tweets traite Me André Michel de « voyou ! 10 000 fois voyou », alors que dans un autre, on fait dire au Premier ministre nommé ceci : « Je supporte et est d’accord avec l’avocat Michel dans le débat lui opposant aux journalistes voyou de Caraïbes FM Jean mo Metellus, l’un des plus grands voyous de la presse haïtienne ». D’après ces tweets, c’est un Fritz William Michel qui se serait dédoublé. Dans un côté, il est un critique acerbe de Maitre André Michel, alors dans un autre il est son apologiste. Le méchant, dit-on, fait toujours une œuvre qui le trompe.

Contre la ratification du PM nommé, les pêcheurs en eaux troubles semblent être dans une course contre la montre. Ils n’ont donc pas assez de temps pour bien réfléchir leurs stratagèmes. C’est justement pourquoi les tweets sont inconsistants et illogiques. Ils veulent mettre Fritz William Michel en porte-à-faux par rapport à la presse et à l’opposition ainsi qu’aux adversaires redoutables. Et comme le ridicule ne tue pas, ils font également dire au PM nommé des diatribes même contre le président de la République après l’avoir nommé ministre de la Planification et de la Coopération externe. Quel ministre de la Planification oserait critiquer son président ou sa femme sur Twitter ? Heureusement que le bon sens soit la chose du monde la mieux partagée. Personne n’est dupe. On comprend le jeu visant à ternir l’image de quelqu’un qui a déjà consacré une bonne partie de ses 38 ans à servir l’État. Ce qui offusque plus l’entourage du PM nommé, c’est cette tentative attentatoire voulant montrer qu’il n’est pas compétent avec des tweets qui ne respectent pas les fondamentaux de la grammaire française. Il suffit de côtoyer Monsieur Michel seulement un jour pour voir que c’est faux et archi-faux. Cependant, quand on est à l’heure de post-vérité, ce n’est pas la recherche de la vérité, la vraie vérité, qui intéresse les gens. 

Évidemment, le PM doit rendre plus efficace son équipe de communication. Cependant on se demande si aucun dispositif communicatif pourrait convaincre certains gérontocrates qui croient que monsieur Michel soit trop jeune pour être Premier ministre. Pourtant, on retrouvait certains membres de cette même gérontocratie à côté de Laurent Lamothe, qui lui aussi était très jeune quand il fut nommé Premier ministre du pays. Pourquoi cette politique de deux poids, deux mesures ? La réponse, probablement, se trouve dans l’origine modeste de Fritz William Michel. Celui qui a fait ses études supérieures à l’INAGHEI et qui n’a pas été élevé dans l’opulence ne mérite pas certains traitements dus exclusivement aux privilégiés du pays. Il parait que ces calomnies et tractations s’expliquent par le fait que monsieur Michel ne soit pas assez créolisé. Son réseau familial et amical est trop limité. Il n’est donc pas digne d’être Premier ministre.  

Outre ces gérontocrates convaincus, des anciens ministres puissants entendent utiliser de gros moyens pour faire obstacle à la ratification du Premier ministre nommé. Si l’actuel gouvernement ne passe pas, l’ancien gouvernement reste en place et à partir de septembre, avec l’absence du contrôle parlementaire, ils auront une carte blanche dans la gestion des choses de l’État. Une telle éventualité est à éviter dans la mesure où cela peut envenimer la crise et aboutir au départ du président Jovenel Moïse. Ceci illustre bien le dilemme du prisonnier où chacun des deux prisonniers cherche exclusivement son bien-être personnel et aboutit finalement à une situation socialement indésirable.

Nous avons encore du temps pour éviter le pire. Le Premier ministre nommé doit maintenant chercher le plus grand consensus possible pour pouvoir passer le cap du Parlement. Le pays ne peut plus attendre, n’en déplaise aux détracteurs se sentant lésés par un choix qui n’est pas le leurs.   

Alfonse Normil

Maîtrise en sociologie politique

Université de Montréal

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