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L’ONU mise sur l’innovation technologique pour freiner la COVID-19

Outils et applications numériques, engins robotisés, intelligence artificielle : face à la progression exponentielle du coronavirus, les Nations Unies font le pari de la recherche et de l’innovation en mobilisant leurs ressources et celles de la communauté technologique mondiale pour élaborer des solutions efficaces contre la maladie.

Le 2 avril dernier, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) réunissait virtuellement 30 des plus grands experts mondiaux de la technologie numérique à l’occasion d’une table-ronde. Objectif : faire progresser la réponse collaborative de l’agence sanitaire, notamment dans les domaines du dépistage, du suivi de l’infection, de l’allocation des moyens et du ciblage des ripostes.

En pointe dans la coordination des efforts déployés contre la maladie, l’OMS travaille déjà avec ses réseaux de chercheurs et d’experts à la surveillance épidémiologique de la COVID-19 et à la modélisation mathématique de la maladie. Son champ d’action comprend également le diagnostic, la virologie, la prévention et les traitements. Elle supervise à cet égard un vaste essai clinique auquel participent 74 pays et s’apprête à lancer une étude de séroprévalence.

« Nous avons besoin de votre engagement, afin que nous puissions concrétiser ces idées et travailler avec les agences de santé publique et les agents de santé de première ligne pour endiguer cette pandémie », a expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, lors de cette visioconférence. « Nous ne pouvons lutter contre cette menace mondiale – et remettre notre économie sur les rails – qu’en travaillant ensemble ».

Le secteur de la technologie répond présent

Repris par l’ensemble du système onusien, ce message est reçu cinq sur cinq par les acteurs de la sphère technologique. En témoigne la participation active d’IBM et SAP, géants de l’informatique et du logiciel, au « hackathon » lancé lundi par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Baptisé CodeTheCurve, il verra, du 15 au 30 avril, une quarantaine d’équipes de jeunes développeurs et concepteurs se mettre en quête de solutions numériques contre la COVID-19.

« La résolution de cette crise planétaire sans précédent exigera l’expertise collective et l’imagination de chacun d’entre nous », a souligné Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, en présentant cet événement participatif centré sur trois thèmes de travail de son agence : l’apprentissage continu à distance ; la gestion des données et l’information ; et les questions de société et de santé, aujourd’hui et après la pandémie.

Autre partenariat récent, celui conclu entre ESRI, premier éditeur mondial de logiciels de système d’information géographique, et la Division de la statistique du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA) qui vise à faire bénéficier les États Membres de l’Organisation d’une technologie de cartographie et d’analyse permettant de visualiser des données clés de la lutte contre le virus.

« Le suivi des tendances de la pandémie, l’identification des groupes les plus vulnérables et la compréhension de l’impact de la crise sur tous les secteurs de la société et de l’économie sont les besoins les plus pressants de la communauté mondiale des statistiques et des données », a noté à cette occasion Stefan Schweinfest, Directeur de la Division de la statistique. L’outil est, selon lui, facilement accessible et utilisable par n’importe quel bureau national de statistique.

Plateformes, tableaux de bord digitaux et webinaires

Cette plateforme vient s’ajouter aux dizaines d’outils numériques déjà mis en place par les agences et fonds de l’ONU dans le contexte actuel. Le Programme alimentaire mondial (PAM) propose un tableau de bord sur la faim dans le monde, HungerMap, qui intègre des données sur le niveau de revenu des pays affectés par la pandémie. L’UNESCO actualise au quotidien sa carte des pays ayant fermé leurs établissements scolaires, tandis que l’Union internationale des télécommunications (UIT) a lancé une « Plateforme pour la résilience des réseaux », qui permet aux régulateurs et opérateurs d’échanger des bonnes pratiques en cette période d’augmentation massive du trafic.

L’UIT poursuit dans le même temps sa série de séminaires en ligne consacrés à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies de l’information et des communications (TIC). Le premier de ces webinaires a permis de mieux comprendre comment la République de Corée a réussi à aplatir la courbe des contaminations en recourant à l’IA, en particulier pour mettre au point un test de dépistage en seulement trois semaines et diagnostiquer la gravité des cas via un algorithme décelant les anomalies sur des radiographies pulmonaires.

Le pays s’est aussi appuyé sur les données de téléphonie mobile pour le suivi des contacts des personnes infectées et sur un système intelligent d’information pour les mises en quarantaine, en place depuis l’épidémie de MERS en 2015. « Avant même la COVID-19, les voyageurs entrant en République de Corée devaient être contrôlés pour la fièvre et remplir un questionnaire de santé », a indiqué le Dr Seon Kui Lee, directrice de la division de l’évaluation des risques au Centre de contrôle et de prévention des maladies sud-coréen (KCDC).

Concrètement, a précisé l’experte, l’isolement est imposé à tous les voyageurs entrant en République de Corée qui présentent des symptômes ou ont transité par un pays à risque. Ces personnes sont tenues de télécharger une application mobile d’autocontrôle de santé sur leur smartphone et de la renseigner pendant la période d’incubation de 14 jours.

Le troisième webinaire de l’UIT s’est tenu ce jeudi, avec cette fois pour sujet d’étude la stratégie de santé numérique de la Chine face à la pandémie.  Les interventions ont porté sur l’utilisation par le pays le plus peuplé du monde de la télémédecine 5G à distance pour améliorer les diagnostics, ses activités de recherche et de développement basées sur l’IA pour les essais de vaccins potentiels et le déploiement d’engins robotisés dans ses établissements de soins.

Des robots hospitaliers aux tests d’origine nucléaire

Ces robots ont notamment pris la forme de véhicules sans pilote livrés à l’hôpital Guanggu de Wuhan pour permettre, entre autres tâches, le transport de fournitures médicales et la livraison de repas au personnel soignant et aux patients. Fruit d’un partenariat entre le Bureau de promotion des investissements et de la technologie (ITPO) à Shanghai, une branche de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), et la société White Rhino Auto basée à Pékin, ce système de transport robotisé a permis d’éviter les infections croisées tout en allégeant la charge de travail des personnels de santé.

Spécialiste des partenariats public-privé dans le domaine du traitement automatisé des données (ADP), ITPO Shanghai s’est également alliée avec la société technologique CloudMinds, laquelle a collaboré avec l’hôpital Wunchang de Wuhan et la compagnie de télécommunication China Mobile pour ouvrir un hôpital de campagne « intelligent » doté de robots. Ces derniers assurent des missions de désinfection et de nettoyage, mais aussi de fourniture de nourriture et de médicaments. Les patients sont quant à eux équipés de bracelets qui se synchronisent avec la plateforme IA de CloudMinds afin de contrôler leur température, leur fréquence cardiaque et leur taux d’oxygène dans le sang.

« Avec ces expériences réussies de recours aux entreprises de haute technologie luttant contre l’épidémie, nous voyons l’avantage que nous pouvons tirer des technologies ADP pour résoudre efficacement les problèmes de maîtrise du virus », a estimé Zhao Xiaolei, directeur d’ITPO Shanghai.

De son côté, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), organisme international autonome du système de l’ONU, met aujourd’hui en avant la technique nucléaire dite de « réaction en chaîne à la polymérase couplée à une transcription inverse » (RT-PCR), un test diagnostic permettant de savoir en l’espace de deux heures si une personne est infectée par le coronavirus. L’agence, qui a reçu une demande d’assistance de 90 États Membres, a envoyé un lot d’équipements dans plus de 40 pays.

Selon Ivancho Naletoski, responsable technique de la Division mixte réunissant l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’AIEA pour les techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture, « les laboratoires recevront des kits de diagnostic et les accessoires nécessaires à l’analyse, des équipements de protection jetables et des équipements pour la détection moléculaire de ce génome viral spécifique ».

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