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Quand les réseaux sociaux en Haiti oblige les pouvoirs publics à marcher sur des œufs .

Dans un univers numérique et dématérialisé, les règles du Droit de la guerre sont remises en question. Et des opérateurs privés, encore inconnus il y a une décennie, sont désormais des acteurs de dimension mondiale. C’est le cas de Google, Microsoft… Et plus récemment encore des réseaux sociaux.

Le dicton est connu: «La corruption a peur de la lumière et de l’information». Les différents faits (sociaux, politiques ou économiques) insolites révélés et dénoncés via les réseaux sociaux en Haiti montrent que ce nouveau type de communication contribue à la lutte contre la corruption et donc, à la bonne gouvernance. Son impact social oblige les pouvoirs publics à marcher sur des œufs et à tourner sept fois leur langue avant de parler.

Après avoir envahi les réseaux sociaux comme une traînée de poudre, la question a explosé dans les rues lors  d’une première manifestation, le 24 août dernier, devant les locaux de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratifs (CSCCA), à Port-au-Prince, à laquelle l’initiateur de la question a participé. La CSCCA est le tribunal administratif de l’État, chargé d’enquêter sur la gestion des autorités établies.

Et toutes les grandes villes du monde dotées de diaspora haïtienne s’embrasent et s’épongent de la même question: New York, Paris, Montréal, Miami entre autres demandent “où est passé l’argent?”

« Tout le monde est d’accord sur quelque chose : on ne veut plus de la corruption, plus de cette impunité, on veut la justice dans le pays », dixit Gilbert Mirambeau.

Enex Jean-Charles, un des anciens premiers ministres qui a eu à gérer ces fonds a appelé, dans une vidéo mise en ligne, les jeunes à poursuivre avec la question « tout en évitant de salir certains noms sans raisons .»

Jean-Max Bellerive, le premier qui a eu à traiter cette affaire sous le rège de René Préval (décédé le 3 mars 2017) dit attendre de passer devant la justice avec ses preuves de bonne conduite.

Mais en attendant, en entrevue à Le point sur les ondes radio Métropole, M. Bellerive renvoie la balle dans le camp de Laurent Lamothe qui lui a succédé à la primature.

L’ancien président Michel Martelly joint sa voix à celle de la jeunesse pour demander une enquête sérieuse. Il dénonce toutefois le caractère « futile » du mouvement citoyen.

Michel Martelly dit soupçonner certains secteurs qui seraient derrière cette mobilisation sans offrir trop de détails.

Le #PetrocaribeChallenge est le dernier né des réseaux sociaux. Lancé par le cinéaste, Gilbert Mirambeau Jr, de Musca Group, il a été vulgarisé par le rappeur K-libr dont l’engagement et les prises de position sont très connus.

Les réseaux sociaux, avec l’échange de données personnelles entre individus, remettent en cause le rôle d’intermédiaires des médias traditionnels, qui en sélectionnant, recoupant et d’une certaine manière filtrant les informations portées à la connaissance du public effectuaient un tri préalable des sujets traités. Bien évidemment, ces interventions n’ont jamais empêché des formes de manipulations variées. Mais celles-ci s’effectuaient avec une possible mise en cause a posteriori de la responsabilité du professionnel de l’information qui avait diffusé la nouvelle. 

Au xxie siècle, c’est bien sur le réseau des réseaux que se conquièrent les avancées stratégiques. Et les cibles potentielles ne manquent pas. 

Gaëlle Bien-Aimé, l’un des fers de lance de la mobilisation, «Il n’y a aucune politique culturelle dans ce pays pour les écrivains, les comédiens, etc. Tout se résume à la république de Port-au-Prince. Il n’y aucune alternative aux activités de Dj. Un pays ne peut pas se permettre de fonctionner sans une salle de spectacle, de cinéma. Je suis là pour demander ce qu’on a fait avec le fonds PetroCaribe», a-t-elle tonné.

L’idée n’est pas d’exporter un modèle brut mais de comprendre que nous ne pouvons pas nous plaindre sans agir et de s’inspirer de méthodes créatives pour assurer une prise de conscience. S’il existe une telle défiance envers la classe politique Haitienne en ce moment, rester entre le « tous pourris » et la complainte d’un système déviant ne peut que conduire à une dérive où ce sont les extrêmes qui s’empareront du phénomène, non pas pour le bien public mais à des fins politiques. Est-ce cela que nous voulons vraiment ?

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