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Transformation numérique : le ministre Agenor Cadet est loin de porter le projet dont l’école Haitienne a besoin

L’éducation est actuellement confrontée à une menace d’ampleur inédite et à une crise d’une amplitude exceptionnelle. À la date du 28 mars 2020, la pandémie de Covid-19 prive d’école plus de 1,6 milliard d’enfants et de jeunes dans 161 pays, soit près de 80 % des élèves scolarisés dans le monde . Cette situation survient dans un contexte de crise mondiale des apprentissages : de nombreux élèves scolarisés n’acquièrent pas les fondamentaux destinés à les préparer à la vie. Selon l’indicateur de « pauvreté des apprentissages » mis au point par la Banque mondiale, 53 % des enfants de 10 ans dans les pays en développement ne sont pas en mesure de lire et comprendre un texte adapté à leur âge. La pandémie qui sévit actuellement risque d’aggraver encore davantage cette situation si nous n’agissons pas rapidement.

À ce stade de la crise sanitaire, quelles retombées, susceptibles d’affecter directement les enfants et les jeunes, sont à craindre ? 1) Un recul des apprentissages ; 2) une hausse des taux d’abandon scolaire ; et 3) la privation du repas le plus nutritif de la journée. Par ailleurs, en raison des grandes inégalités qui caractérisent la plupart des systèmes éducatifs dans le monde, les enfants défavorisés subiront ces contrecoups de manière disproportionnée.    

  • Les apprentissages. Le report de la rentrée scolaire ou l’interruption de l’année en cours (selon l’hémisphère considéré) perturbe fortement la situation d’un grand nombre d’enfants, de parents et d’enseignants. Les stratégies d’apprentissage à distance sont à même de réduire l’incidence d’un tel bouleversement. Les pays plus riches sont mieux armés pour basculer vers ces alternatives en ligne qui, certes, demandent beaucoup d’efforts aux parents et enseignants. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, la situation est très contrastée et, en l’absence de mesures adaptées, l’inégalité des chances qui atteint déjà des niveaux extrêmes et intolérables se creusera davantage. Beaucoup d’enfants n’ont pas de bureau, de livres, d’accès internet ni d’ordinateur portable à la maison, ni encore des parents qui peuvent les aider. Ce que nous devons éviter — ou minimiser dans la mesure du possible — c’est d’accroître ces inégalités et d’exacerber les répercussions de cette crise sur l’apprentissage des enfants défavorisés. 

Fort heureusement, beaucoup de pays font preuve d’une grande créativité. Les ministères de l’éducation sont nombreux à redouter, à juste titre, que le recours exclusif aux stratégies numériques n’ait pour effet de toucher uniquement les enfants des familles les plus aisées. Dans la plupart des pays, l’approche la plus judicieuse consiste à s’appuyer sur tous les canaux de diffusion possibles en mobilisant les infrastructures disponibles. On peut ainsi recourir à des outils en ligne pour mettre à la disposition d’un certain nombre d’élèves et probablement de la majorité des enseignants des plans de cours, des vidéos ou des tutoriels, mais aussi exploiter l’utilité des podcasts et autres ressources plus économes en données. Les pouvoirs publics peuvent par ailleurs se concerter avec les opérateurs de téléphonie pour qu’ils aménagent leurs politiques de tarification et facilitent ainsi le téléchargement de supports pédagogiques sur smartphone, sachant que ces appareils sont plus répandus chez les élèves. 

La radio et la télévision constituent également des instruments extrêmement efficaces. Aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux, à WhatsApp ou aux SMS, les ministères de l’éducation peuvent communiquer avec les parents et les enseignants et fournir des recommandations, des instructions et un encadrement qui viendront étayer le processus d’apprentissage par le biais de contenus radio- ou télédiffusés. L’enseignement à distance ne peut pas se résumer à l’apprentissage en ligne : aujourd’hui, l’enjeu est d’exploiter des supports diversifiés pour toucher le plus grand nombre d’élèves.

  • La motivation. Il est essentiel de préserver l’intérêt des enfants pour l’école, notamment dans les premières années du cycle secondaire. Dans de nombreux pays, le taux d’abandon scolaire reste très élevé et un éloignement prolongé de l’école peut exacerber cette tendance. L’école ne se réduit pas à l’acquisition de connaissances : c’est aussi un espace de relations sociales et d’interactions entre pairs. L’école forme de futurs citoyens et développe leur aptitude à vivre en société. Voilà pourquoi il faut impérativement préserver, aujourd’hui, ce lien essentiel avec l’école. C’est aussi l’occasion, pour tous les élèves, de développer leurs compétences socio-affectives et leur civisme. Dans ce domaine, le rôle des parents et des familles est plus que jamais crucial. Les ministères de l’éducation devraient par conséquent s’adresser et venir aussi en aide aux parents, en utilisant tous les moyens de communication à leur disposition (radio, télévision, SMS) pour leur donner des conseils et des astuces pédagogiques.
     
  • Les repas. Dans de nombreuses régions du monde, les programmes d’alimentation scolaire fournissent aux enfants le repas le plus nutritif de la journée. Essentiels au développement cognitif et au bien-être, ces programmes demeurent néanmoins complexes sur le plan logistique et administratif. Malgré ces difficultés, il est souhaitable que les pays s’organisent pour continuer à fournir des repas par le biais des établissements scolaires ou d’espaces/réseaux communautaires, ou même pour effectuer des livraisons directement au domicile des familles. Si la fourniture de repas ou de nourriture n’est pas envisageable sur le plan logistique, il faudrait y remédier en mettant en place ou en élargissant des programmes d’allocations monétaires. Certes, cela passe par une phase de planification, mais qui se doit de rester souple : les informations dont nous disposons sur l’évolution possible de la pandémie ne cessent de fluctuer, sous l’effet, à ce jour méconnu, des différentes mesures sanitaires prises par les pays. Le retour à l’école pourrait être progressif : les pouvoirs publics voudront limiter les phénomènes de concentration ou la possibilité d’une deuxième vague épidémique. Face à ces aléas, il semble préférable de prendre des décisions qui s’inscrivent plus dans la durée que dans le très court terme. On peut d’ores et déjà se réjouir : un bon nombre des améliorations, des initiatives et des investissements décidés par les systèmes scolaires pourraient avoir un effet bénéfique à long terme.

Certains pays doteront leurs enseignants de plus larges compétences numériques. Les stations de radio et les chaînes de télévision nationales prendront conscience du rôle clé qu’elles jouent en servant les objectifs pédagogiques de leur pays. On peut ainsi espérer qu’elles amélioreront la qualité de leur programmation, soucieuses de l’immense responsabilité sociale qui leur incombe. Les parents s’impliqueront davantage dans le suivi scolaire de leurs enfants. Quant aux ministères de l’éducation, ils percevront avec une plus grande clarté les lacunes et les enjeux liés à une utilisation efficace des technologies (en matière de connectivité, équipement informatique, intégration des outils numériques dans les programmes, préparation des enseignants, etc.), et ils prendront les mesures qui s’imposent. Tous ces éléments peuvent consolider les systèmes éducatifs de demain.

Michel SOUCAR aurait écrit «  30 ans de crise  pour un pays normal ». Comme il avait écrit dans le passé  un ouvrage titré   « 16 ans de lutte  pour un pays normal ».

 Ainsi  se demande-t-on   avec  Jean Price-Mars du mouvement indigéniste des années  20  quelle est la vocation de l’Elite en Haïti ?  Les gouvernements qui se sont succédé, quels ont été leurs programmes ? Et les Présidents pendant les trois dernières décennies, qu’est- ce qu’ils ont fait pour le pays en termes de paix sociale ? Et les pays   dits  amis d’Haït dans le cadre des accords bi et multilatéraux relatifs au financement ? Mais pour quels bénéfices ? Pour quel accompagnement ?

Je ne peux pas dire comme l’écrivain français de tendance  messianique  Zola « J’accuse ». Toutefois, il est temps que la nation demande des comptes avec  l’historien Alain Turnier.  Et a-t-on   le droit de s’interroger davantage sur les causes de nos malheurs avec l’économiste  Edmond Paul ayant  marqué  la seconde moitié du 19eme siècle haïtien, pour parodier Eddy A. JEAN, de regrettée  mémoire, brillant professeur à  l’INAGHEI et aux Encyclopédistes d’Haïti ci-devant l’UNAFH.

Darline Alexis, la modératrice, a indiqué que 4,5 millions d’enfants en Haïti fréquentent l’école sous la responsabilité de 149 643 enseignants dans 20 900 établissements scolaires à travers le pays, tandis que 320 000 enfants en âge d’aller à l’école n’ont pas cette opportunité en raison du niveau de précarité avancé de leurs parents ainsi que l’incurie de l’Etat. L’État haïtien dépense l’équivalent de 90 dollars pour chaque enfant fréquentant une école publique ou semi-publique. Dans l’intervalle, nous dit Darline Alexis, les ménages consacrent plus de 46% de leur budget annuel pour permettre à leurs enfants de fréquenter des écoles sans garantie que l’éducation qu’ils vont y recevoir sera de qualité.

Tous les systèmes scolaires ont une même mission : surmonter la crise des apprentissages et trouver la parade face à la pandémie qui sévit. Aujourd’hui, l’enjeu est de limiter au mieux les répercussions sur les apprentissages et la scolarité, mais aussi de s’appuyer sur cette expérience pour progresser plus rapidement ensuite. L’objectif est double : gérer la crise actuelle et réfléchir à la manière dont les systèmes éducatifs peuvent se redresser plus vigoureusement, à la fois portés par des acteurs dont le sens des responsabilités est renouvelé et mieux armés pour comprendre l’urgence et la nécessité de s’attaquer à l’inégalité des chances et de garantir à chaque enfant une éducation de qualité.

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